Aux bords du cadre…

Images et texte, texte et images


Par Jörg Colberg

J’ai lu récemment un entretien avec Moyra Davey où il était question du rôle du texte associé à la photographie. « L’écriture véhicule des idées et des sentiments d’une manière très stable, affirme Davey, alors qu’une photographie est ambiguë et peut être source de distorsions bien plus importantes que le texte. » À la lecture de ces lignes j’ai d’abord acquiescé.

Photobook Phenomenon


Par Jörg M. Colberg

L’engouement pour le livre photo est arrivé à un point culminant, un point qui en ce moment ressemble surtout à une ligne de crête. En tant que vecteur d’utilisation et de diffusion des photographies le livre est désormais un outil largement reconnu. Réalité qui, de mon point de vue, éclipse les inévitables excès accompagnant le phénomène.

Exigeant et lucide (…), il a vu les beaux vers qui se formaient sous sa plume, dans les ratures sans nombre, n’assembler encore et toujours que des représentations qui demeurent désespérément le produit de sa subjectivité, loin d’être l’entrevision tant soit peu devenue parole, de ce qui fait que les chose sont. N’est-il donc, et ne sera-t-il à jamais, qu’un foyer d'imaginations illusoires, sans prise sur le monde qu’il voit ainsi se refuser au langage ?

Yves Bonnefoy
Préface aux Poésies de Stéphane Mallarmé

Bonne année


Fin 2017, sous le titre Bonne année, Le Bec en l’air publie les cartes de vœux de quelques grands photographes : Robert Doisneau, Denis Brihat, Jean-Pierre Sudre, Jean Dieuzaide, Édouard Boubat, Izis… J’ai eu le plaisir d’écrire le texte accompagnant ces correspondances.

Bonne année, Le Bec en l'air, 2017

Au cours des douze ou quinze années qui viennent de s’écouler, j’ai compris qu’il était impossible de se défaire réellement du reportage, même si cette tentative avait été nécessaire pour pouvoir penser autrement la photographie. La photographie comme technique, comme médium, est trop enracinée dans l’idée du résultat ou de l’effet de reportage pour qu’on puisse l’en dissocier. C’est pourquoi j’en suis venu à considérer que la bataille contre la photographie – ou du moins ma bataille avec la photographie – avait été perdue, à un moment donné au cours de ces années. Et je me suis senti plutôt heureux d’avoir perdu. L’aboutissement de cette expérience ne fut en aucun cas un retour au reportage. Mon travail ne consiste pas à faire en sorte de revenir vers l’origine de ce que devrait être la photographie. Il s’agit plutôt de reconnaître que la prise de distance avec le reportage – la lutte menée contre lui – tout autant que la conciliation avec le reportage expriment ce qu’est la photographie.

Jeff Wall
Le presque documentaire

Fleuve chiffré de l’ailleurs


Une conversation avec Jean-Xavier Ridon

J’ai eu envie de garder trace d’une conversation avec Jean-Xavier pour des raisons que j’avais imaginé exposer en préambule de cette transcription. Dessein que la conversation sur laquelle ce désir est échu a rendu caduc. Cette conversation je la voulais libre mais l’avais préparée. Elle a décidé de rester libre. Elle est partie plus vite que moi…

La solitude du grimaçant


Le Phantômaton : territoire éphémère, exigu, infime et immense à la fois. Un miroir et deux parapluies pour paysage – et en lieu du vent, une bande-son immuable. Deux cent cinquante âmes. Toi, toi, vous… Deux cent cinquante-et-une en vérité, car il y avait quelqu’un derrière le miroir.

Photographie et exploration


Par Jörg Colberg

Il n’est pas rare en ce moment de tomber sur des communiqués de presse ou des notes d’intention de photographes où les photographies sont présentées comme étant tantôt une exploration, tantôt une enquête. « Ces photographies explorent… », « ces photographies enquêtent sur… ». Cela me fait chaque fois réagir. Il y a beaucoup de gens sur cette terre qui peuvent se dire explorateurs ou enquêteurs. Mais les photographes (et les artistes en général) n’en font pas partie.

Tant de pièces pour une seule note (1e partie)


Une conversation avec Antoine d’Agata

« C’est douloureux de me relire. Parce que je réécris alors ma parole de façon excessive, et je tue le texte. Parce que je vais toujours, à travers les mots, à travers les images, vers une seule et même chose : l’abstraction du vide… la beauté et l’horreur intrinsèques au vide. C’est bien que quelqu’un d’autre s’en charge, et préserve la part spontanée de la pensée. Je suis à toi dans moins de dix minutes. »