Citations

Avec modération, quelques souvenirs de lectures disant ce qu’il y a dans une image en plus que l’image…
 


Salut à toi ô mon frère
Salut à toi peuple khmer
Salut à toi l'Algérien
Salut à toi le Tunisien
Salut à toi Bangladesh
Salut à toi peuple grec
Salut à toi petit Indien
Salut à toi punk iranien
Salut à toi rebelle afghan
Salut à toi le dissident
Salut à toi le Chilien
Salut à toi le p'tit Malien
Salut à toi le Mohican
Salut à toi peuple gitan
Salut à toi l'Ethiopien
Salut à toi le tchadien
Salut à vous les Partisans
Salut à toi "cholie all'mante"
Salut à toi le Vietnamien
Salut à toi le Cambodgien
Salut à toi le Japonais
Salut à toi l'Thaïlandais
Salut à toi le Laotien
Salut à toi le Coréen
Salut à toi le Polonais
Salut à toi l'Irlandais
Salut à toi l'Européen
Salut à toi le Mongolien
Salut à toi le Hollandais
Salut à toi le Portugais
Salut à toi le Mexicain
Salut à toi le marocain
Salut à toi le Libanais
Salut à toi l'Pakinstanais
Salut à toi le Philippin
Salut à toi l'Jamaïcan
Salut à toi le Guyanais
Salut à toi le Togolais
Salut à toi le Guinéen
Salut à toi le Guadeloupéen
Salut à toi le Congolais
Salut à toi le Sénégalais
Salut à toi l'Afro-cubain
Salut à toi l'Porto-ricain
Salut à toi la Haute Volta
Salut à toi le Nigéria
Salut à toi le Gaboni
Salut à toi le vieux chtimi
Salut à toi Che Guevara
Salut aux comités d'soldats
Salut à tous les hommes libres
Salut à tous les apatrides
Salut à toi la Bertaga
Salut aussi à la Banda
Salut à toi punk anarchiste
Salut à toi skin communiste
Salut à toi le Libéria
Salut à toi le Sri Lanka
Salut à toi le sandiniste
Salut à toi l'unijambiste
Salut l'mouv'ment des Jeunes Arabes
Salut à toi Guatemala
Salut l'P4 du contingent
Salut à toi le Shotokan
Salut à toi peuple Kanak
Salut à toi l'tchécoslovaque
Salut à tous les p'tits dragons
Salut à toi qui est keupon
Salut à toi jeune Malgache
Salut à toi le peuple basque
Salut à toi qu'est au violon
Salut à toi et mort aux cons
Salut à toi le Yougoslave
Salut à toi le voyou slave
Salut à toi le Salvador
Salut à toi le Molodoï
Salut à toi le Chinois
Salut à toi le Zaïrois
Salut à toi l'Espagnol
Salut à toi le Ravachol
Salut à toi le Hongrois
Salut à toi l'iroquois
Salut aussi à tous les gosses
Des îles Maudites jusqu'à l'Ecosse
Salut à vous tous les zazous
Salut à la jeune garde rouge
Salut à toi le peuple corse
Salut aux filles du Crazy Horse
Salut à toi la vache qui rit
Salut à Laurel et Hardy
Salut à toi peuple nomade
Salut à tous les "camawades"
Salut à toutes les mères qui gueulent
Salut aussi à Yul Brunner
Salut à toi l'handicapé
Salut Jeunesse du monde entier
Salut à toi le dromadaire
Salut à toi Tonton Albert
Salut à toi qu'est à la masse
Salut aussi à Fantomas
Salut à toi Roger des près
Salut à toi l'endimanché
Salut à tous les paysans
Salut aussi à Rantanplan

Bérurier Noir
Salut à toi

Les lucioles, il ne tient qu'à nous de ne pas les voir disparaître. Or, nous devons, pour cela, assumer nous-mêmes la liberté du mouvement, le retrait qui ne soit pas repli, la force diagonale, la faculté de faire apparaître des parcelles d'humanité, le désir indestructible. Nous devons donc nous-mêmes - en retrait du règne et de la gloire, dans la brèche ouverte entre le passé et le futur - devenir des lucioles et reformer par là une communauté du désir, une communauté de lueurs émises, de danses malgré tout, de pensées à transmettre. Dire oui dans la nuit traversée de lueurs, et ne pas se contenter de décrire le non de la lumière qui nous aveugle.

Georges Didi-Huberman
Survivance des Lucioles

Exigeant et lucide (…), il a vu les beaux vers qui se formaient sous sa plume, dans les ratures sans nombre, n’assembler encore et toujours que des représentations qui demeurent désespérément le produit de sa subjectivité, loin d’être l’entrevision tant soit peu devenue parole, de ce qui fait que les chose sont. N’est-il donc, et ne sera-t-il à jamais, qu’un foyer d'imaginations illusoires, sans prise sur le monde qu’il voit ainsi se refuser au langage ?

Yves Bonnefoy
Préface aux Poésies de Stéphane Mallarmé

Au cours des douze ou quinze années qui viennent de s’écouler, j’ai compris qu’il était impossible de se défaire réellement du reportage, même si cette tentative avait été nécessaire pour pouvoir penser autrement la photographie. La photographie comme technique, comme médium, est trop enracinée dans l’idée du résultat ou de l’effet de reportage pour qu’on puisse l’en dissocier. C’est pourquoi j’en suis venu à considérer que la bataille contre la photographie – ou du moins ma bataille avec la photographie – avait été perdue, à un moment donné au cours de ces années. Et je me suis senti plutôt heureux d’avoir perdu. L’aboutissement de cette expérience ne fut en aucun cas un retour au reportage. Mon travail ne consiste pas à faire en sorte de revenir vers l’origine de ce que devrait être la photographie. Il s’agit plutôt de reconnaître que la prise de distance avec le reportage – la lutte menée contre lui – tout autant que la conciliation avec le reportage expriment ce qu’est la photographie.

Jeff Wall
Le presque documentaire

Penser que sa propre valeur entre dans un entrecroisement de valeurs de la totalité du monde, à mon avis c'est un beaucoup plus grand, noble et généreux projet que celui de tenter que sa propre valeur devienne valable pour le monde entier. Le classicisme pour moi c'est ce qui se passe quand une valeur particulière veut et tend à être une valeur valable universellement. Je crois qu’il nous faut abandonner l'idée de l'universel. L’universel est un leurre, un rêve trompeur. Il nous faut concevoir la totalité-monde comme totalité, c'est-à-dire comme quantité réalisée et non pas comme valeur sublimée à partie de valeurs particulières. C’est fondamental et cela change sans qu’on s’en aperçoive la plupart des données de la littérature mondiale à l'heure actuelle.

Édouard Glissant
Introduction à une poétique du divers

On nous les casse depuis quelques mois avec les faux problèmes de la forme et du fond, du réalisme et de la féerie, du scénario et de la "misenscène", de l'acteur libre ou dominé et autres balançoires; disons qu'il se pourrait que tous les sujets naissent libres et égaux en droit; ce qui compte, c'est le ton, ou l'accent, la nuance, comme on voudra l'appeler – c'est-à-dire le point de vue d'un homme, l'auteur, mal nécessaire, et l'attitude que prend cet homme par rapport à ce qu'il filme, et donc par rapport au monde et à toutes choses (…).

Jacques Rivette
« De l’abjection », Cahiers du cinéma, n° 120, juin 1961.